«En pourtant li plus grossi pèiro sus la tèsto »

Un petit texte de Jules Laurens peintre orientaliste paru dans L’Alliance Latine , anthologie complémentaire aux Lauseta, almanachs des Félibres Rouges en 1878 :


« Quand bastissien lou pont Julian (route d'Apt à Bonnieux, à la
traversée du Cavalon), me disait un carrier du village de Lacoste,- situé
à six km de là, - li filho e li jouini femo d'aici, se raconto, vouguèron
s'emplega i travau. Pendant de mes entiès anavon pèr la devalado e la
plano jusqu'à la ribieiro d'o Couloun, en pourtant li plus grossi pèiro
sus la tèsto. E Caminavon drecho, fièro coume d'estatuo ; emai encaro
sens dèsempara de vira sa fialóusoun.»

Revirada/traduction:


« Quand on a bâti le pont Julian, (route d'Apt à Bonnieux, à la traversée du Cavalon)
me disait un carrier du village de Lacoste,- situé à six km de là, les filles et les jeunes femmes
d'ici, voulurent s'employer aux travaux. Pendant des mois entiers elles allèrent par
la descente et la plaine jusqu'à la rivière du Coulon, en portant les plus grosses pierres sur
la tête. Et elles marchaient droites, fières comme des statues, et en plus elles continuaient
sans désemparer à filer leurs quenouilles.»



© Rose Blin-Mioch Septembre 2012